22. Origine des homininés
Origine et évolution de l'homme

Ce résumé de l'histoire de l'humanité n'est pas essentielle à la compréhension de l'histoire et de l'évolution de nos ancêtres immédiats mais nous permet de comprendre les origines de nos ancêtres lointains (35 000 ans) comme l'homme de Cro-Magnon de qui nous sommes les descendants.

En Juillet 2002, le Paléoanthropologue Michel Brunet et son équipe de la Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne (M.P.F.T.) publient dans la revue scientifique internationale Nature deux articles concernant plusieurs restes d'hominidés dont un crâne surnommé Toumaï. Ces restes ont été découvert au Tchad dans le désert du Djourab et daté de 7 millions d'années.

Le crâne du Sahelanthropus tchadensis  découvert au Chad en Afrique et qui daterait de 6 à 8 millions d'années par l'équipe de Michel Brunet  serait le plus vieux fossil connu à l'origine de l'homme moderne.

Pour le moment, notamment un crâne complet (mais déformé) et plusieurs mâchoires inférieures ont été publiés. L’ensemble de ces restes représente au maximum 9 individus.Une reconstruction virtuelle du crâne a permis de restituer sa forme originelle (voir Nature n° 418, 11 juillet 2002 et n° 434, 7 avril 2005 ; La Recherche n° 387, Juin 2005).

Dates importantes

-4 milliards d'années, la terre est toute neuve, bombardée par des météorites et bouillonnante de volcan
-2 milliards d'année, dans ses eaux chaudes et son atmosphère primitive, apparition de la vie sur  terre. Le grand ancêtre de tous les êtres vivants est une petite algue bleue.
-1 milliard d'années début de la reproduction
-65 millions d'années apparition du premier primate une sorte de musaraigne américaine Genre de petites souris herbivore et carnivore
-60 millions d'années, date où les dinausaures disparaissent de la terre

Pré-histoire divisé en deux périodes:
1. le paléolithique entre -4 millions d'années et -10 000 ans  
2. le néolithique entre -10 000 ans et 2 000 ans

-6 à 8 millions d'années, la lignée des hominidés se détache des grands singes d'Afrique. Ces derniers ont 95% des gènes en commun avec nous.

 Toumaï déplace le berceau de l’humanité

RFI Dossiers d'actualite - Science

Après la découverte au Tchad du crâne d’un hominidé de 6 à 7 millions d’années, la théorie selon laquelle les ancêtres de l’homme se sont développés à l’Est du Rift et les singes à l’Ouest, pourrait bien être remise en cause. Après Lucy, Orrorin, Abel, voici Toumaï qui va peut-être permettre de compléter le grand film de l’évolution humaine.

Après la découverte d'Abel, Yves Coppens avait jugé que sa thèse "tenait toujours". Plus de 3000 fossiles d'australopithèques ont été trouvés en Afrique de l'Est, contre un au Tchad, faisait-il remarquer. Cependant, ajoutait-il alors, "si l'on exhume en Afrique occidentale des spécimens beaucoup plus anciens, de -7 ou -8 millions d'années, il faudra bien changer le fusil d'épaule."

Cette hypothèse, présentée en 1980 par Yves Coppens, professeur au Collège de France, sous le nom d'East Side Story, est basée sur l'existence de cette gigantesque barrière séparant l'Est africain du reste du continent. Les vieux primates soumis à milieu plus ouvert de l'Est, où ils se sont transformés petit à petit en hommes, tandis que leurs cousins, restés dans les forêts de l'ouest, sont devenus gorilles ou chimpanzés.

Le fossile de Toumai aurait environ -7 millions d'annèes et il serait le plus vieil ancêtre de la race humaine.
 
Sculpture représentant Toumai au jardin botanique de Ndjamena, Tchad, Afrique

Lu sur Wikipédia:

«La théorie de l'East Side Story est un modèle expliquant l’apparition de la lignée humaine en Afrique de l'Est par un changement climatique majeur lié à la formation du grand rift.

Proposé initialement par l’éthnologue hollandais A. Kortlandt [1], le modèle a été popularisé sous le nom d’East Side Story par le paléoanthropologue français Y. Coppens [2],[3].
La formation du rift, il y a une dizaine de millions d'années, aurait conduit à une différentiation climatique et environnementale majeure entre la région située à l'ouest, humide et boisée, et la région située à l'est, beaucoup plus sèche et occupée par la savane. À partir d'une souche commune, deux populations de primates auraient été isolées et deux lignées évolutives auraient divergé :
à l'Ouest, région restée humide et couverte de forêt tropicale, se serait développée la branche des Primates regroupant les grands singes ancêtres des gorilles, des chimpanzés et des bonobos. Les caractéristiques environnementales auraient contribué à leur conserver un mode de déplacement essentiellement quadrupède et arboricole.
  à l'Est (territoires actuels de la Tanzanie, du Kenya, de l’Éthiopie), à l'abri des précipitations bloquées par la barrière du rift, un climat beaucoup plus sec se serait mis en place accompagné de la formation d'une végétation beaucoup moins dense, faite de savanes faiblement arborées. En réponse à ce nouvel environnement, une ou plusieurs branches distinctes de la famille Hominidé se seraient développées. Les australopithèques et les paranthropes en feraient partie, ainsi que l'ancêtre de l'homme moderne. Climat et végétation auraient favorisé, chez ces ancêtres ou ces cousins de l'homme moderne, les déplacements au sol et la bipédie, permettant l'amélioration de la perception visuelle des prédateurs ou du gibier. La bipédie favorisant la libération des membres antérieurs, ceux-ci seraient devenus disponibles pour utiliser progressivement des outils.»

Chronologie de l'évolution de la vie sur terre

- 4 600 millions d'années : formation de la planète Terre,
- 4 000 millions d'années : apparition des cellules procaryotes,
- 3 000 millions d'années : apparition de la photosynthèse,
- 2 100 millions d'années : apparition d'une vie multicellulaire,
- 2 000 millions d'années : apparition des cellules eucaryotes,
- 600 millions d'années : apparition d'animaux simples,
- 570 millions d'années : apparition des arthropodes,
- 550 millions d'années : apparition d'animaux complexes
- 500 millions d'années : apparition des poissons et des proto-amphibiens,
- 475 millions d'années : apparition des plantes terrestres,
- 400 millions d'années : apparition des insectes et des graines,
- 360 millions d'années : apparition des amphibiens,
- 300 millions d'années : apparition des reptiles,
- 200 millions d'années : apparition des mammifères,
- 150 millions d'années : apparition des oiseaux,
- 100 millions d'années : apparition des fleurs
- 65 millions d'années : disparition des dinosaures non-aviaires.

Chronologie de l'évolution de l'homme

-8 à-6 millions d'années découverte de Toumai Sahelanthropus tchadensis au Tchad un pays d'Afrique centrale, le plus ancien primate bipède
-5,4 à 6 millions d'années découverte de Ardipithecus kadabba  en Afrique orientale
-4,4 millions d'années découverte de Ardi Ardipithecus ramidus en Éthiopie
-3,5 millions d'années, découverte de l'Australopitecus afarensis Lucy en Afar Afrique Orientale
-3 millions d'années découverte d'un autre fossile tchadien, Abel
-2,5 millions d'années apparition des premiers outils
-2 millions d'années apparition de l'homo habilis
-1,8 millions d'années découverte de l'hommme de Roquebrune sur la Côte d'Azur
-1 million à 500 000 ans apparition de l'homo erectus et de l'outil biface
-500,000 ans apparition de l'homme de Tautavel
-400 000 ans domestication du feu avec l'homme des grottes de Tautavel, Pyrénées-Orientales, France et de Terra Amata, Nice, Alpes Maritimes
-50 000 ans coexistence de l'homme de Néanderthal et de l'homme de proto Cro-Magnon
-35 000  à -30 000 ans disparition de l'homme de Néanderthal et installation de l'homme moderne, l'Homo sapiens, l'homme de Cro-magnon
-32 000 ans découverte des premières peintures rupestres sur les parois des grottes de Chauvet, Ardèche
-21 000 ans grottes de Cosquer
-17,000 ans découverte de peintures rupestres sur les parois des grottes de Lascaux, Dordogne
-10 000 ans traces de la première agriculture
-8 500 ans premières habitations
-6 000 ans apparation de la poterie, de la céramique et du tissage
-4 500 ans apparition de la métallurgie
-4000 ans apparition sur terre  du premier homme et de la première femme,  Adam et Ève. Selon la Bible, au livre de la Genèse, Adam  est le premier homme et a été créé par Dieu lors du sixième jour de la Création. Ève fut créée à partir d'une côte d'Adam (Genèse 2:21,22). Le premier couple fut placé par Dieu dans le jardin d'Éden.
Il existe un problème de chronologie! Faudrait-il croire en la génération spontanée de l'homme  par Dieu? À mon avis c'est une croyance engendrée par les hommes et qui repose sur aucun fondement scientifique. Les hommes de tout temps ont inventé des dieux ou des religions, des croyances pour expliquer des phénomènes incompréhensible ou inexplicables. La croyance divine  est présente à toutes les époques de l'histoire de l'humanité, dans toutes les cultures depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. On la présence divine autant chez les egyptiens que dans la mythologie grecque, que chez les romains, que chez les indiens, que chez les chinois, que chez les africains...
-3 300 ans apparition de l'écriture
-2 000 ans la métallurgie de l'âge de bronze prend son essor marquant la fin de la pré-histoire et l'avènement de l'histoire.
La Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre l’apparition de l’Humanité et l’apparition de l'écriture.

Néolithique
12 000 à 3 000 ans
Paléolithique supérieur
30 000 à 12 000 ans
Paléolithique moyen
300 000 à 30 000 ans
Paléolithique inférieur
3mA à 300 000 ans
Paléolithique archaïque
7mA à 3mA

LE PALÉOLITHIQUE ARCHAÏQUE 7mA à 3mA
Le Paléolithique archaïque (ou Très Ancien Paléolithique), entre 7 millions d’années et 3,7 million d’années environ voit l'apparition d'Hominidés comme Sahelanthropus tchadensis, Orrorin tugenensis ou les Australopithèques, parmi lesquels se trouvent les ancêtres de la lignée humaine.

Squellette de Ardi et reconstitution du corps par un artiste

Ardi est le surnom donné à un squelette d'hominidé datant de 4,4 millions d'années (Pliocène). Ce fossile correspondrait à un individu féminin et a été découvert par Tim D. White, Gen Suwa et Berhane Asfaw lors de fouilles qui se sont déroulées de 1992 à 1994 en Éthiopie. Il a été rattaché à l'espèce Ardipithecus ramidus. Il s'agit du plus ancien squelette d'hominidé retrouvé.

Les premiers outils font leur apparition.

LE PALÉOLITHIQUE INFÉRIEUR 3mA à 300 000 ANS

Paléolithique inférieur, entre -3 millions d’années et 300 000 ans environ: apparition du biface en pierre
Le Paléolithique inférieur voit l’arrivée des premiers Européens il y a près de deux millions d’années. Ce sont des Homo erectus provenant d’Afrique. Il arpente la côte d'Azur, grotte de Roquebrune. A l'entrée de la petite grotte du Vallonet, près de Roquebrune-Cap-Martin, dans un vallon frais et ombragé, des Homo erectus, déjà présents sur la Côte d'Azur, taillent des outils primitifs essentiellement aménagés sur galets. De leur randonnée de chasse, ils rapportent des carcasses de cerfs, de bovidés, de chevaux, de sangliers, de rhinovéros, d'éléphants. Le paysage très découvert est occupé par une steppe faibelemnt arborée, parsemée de pins et d'essences méditerranéennes caractéristiques de la garrigue. Les Hommes qui habitent dans la grotte du Vallonet en disputent l'occupation aux grands carnivores : ours, loups, hyènes, lions, guépards et panthères. La grotte du Vallonet s'ouvre à 110 mètres d'altitudes dans le vallon du même nom.
Les industries lithiques rudimentaires découvertes dans le remplissage de la cavité, choppers et chopping tools sur galets aménagés, témoignent d'une occupation de l'ordre de 1.000.000 d'années. Cette grotte, située près de Menton (Alpes-Maritimes), a livré des outils de pierre taillée vieux d'un demi-million d'années, comptant parmi les plus anciens témoignages d'une industrie humaine en Europe.
Entrée  de la grotte

Grâce à deux dépôts sédimentaires différents, la grotte du Vallonnet, à Roquebrune-Cap-Martin, témoigne de la vie marine en Méditerranée il y a 1,1 million d’années, et de la vie terrestre dans les Alpes maritimes il y a un million d’années. A cette époque, des hommes préhistoriques se sont abrités dans cette grotte qui constitue maintenant un monument historique propriété de l’État.
Cet homme est petit mesurant environ 1,30 m, pesant autour de 40 kg avec une boîte crânienne petite dont le volume mesure environ 700 cm3 comparativement 1 400 cm3 pour l'homme moderne. Il sait tailler des pierres come le biface pour découper la viande ou fabriquer des armes.
biface en silex

Homo erectus domestique le feu vers - 450 000 ans et produit des outils spécifiques : l’épieu et le javelot en bois, le hachereau et le biface en pierre.  Plusieurs sites témoignent de la découverte du feu dans le midi et en Bretagne (Plouhinec). Il a un mode de vie basé sur la prédation complété par la collecte de denrées végétales. Le globe connaît cet époque alors des changements climatiques alternant en phases chaudes et froides (glaciations).

Une découverte faite à Tautavel près de Perpignan fait découvrir un homme plus prés de l'homme moderne.
L'expression « homme de Tautavel » désigne un ensemble de fossiles d'hominidés du genre Homo, datant d'environ 300 à 500 000 ans BP (Pléistocène moyen) et découverts dans la Caune de l'Arago dans la commune française de Tautavel (Pyrénées-Orientales) à partir de 1971 par l'équipe d'Henry de Lumley. Il présente une boîte crânienne augmentée avec un volume de 1 100 cm3. Il se tient debout bien droit d'ou son nom de homo erectus.
homme de Tautavel


-2 millions d'années, c'est la glaciation de donau (Danube) qui marque la fin du tertiaire et le début du quaternaire. La température peut descendre à moins 80C et le vent souffler à 200 km/h.
-1 800 000 ans période de réchauffement interglaciaire
-1 200 000 ans glaciation de günz
-700 000 ans période de réchauffement interglaciaire
-500 000 ans glaciation de mindel
-350 000 ans période de réchauffement interglaciaire
-300 000 ans glaciation de riss : rissI, riss II, riss III


LE PALÉOLITHIQUE MOYEN 300 000 ANS à 30 000 ANS

Paléolithique moyen, entre 300 000 et 30 000 ans environ on voit la généralisation de la méthode de débitage et  l'apparition de l'Homme de Néandertal ainsi que de l'Homme moderne.

Au Paléolithique moyen, le genre néandertalien au crâne de grande capacité se développe en Europe occidentale. L'Homme de Néandertal est un chasseur-collecteur nomade qui installe ses campements tant sous abri, en grotte qu’en plein air. Ses outils en pierre marquent une étape importante avec la production en série d’éclats standardisés (méthodes Levallois, discoïde, etc.). Les Néandertaliens sont les premiers représentants de l’espèce humaine à montrer des préoccupations spirituelles, en particulier celle d’inhumer les morts.

LE PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR 30 000 À 12 000 ANS

Paléolithique supérieur, entre 30 000 et 12 000 ans environ est marqué par l’arrivée d’Homo sapiens sapiens - l’Homme de « Cro-magnon » - et la disparition de l’Homme de Néandertal. Le Paléolithique supérieur se caractérise par un climat essentiellement froid et sec. Les fouilles effectuées sous abris, en grotte et sur des sites de plein air attestent une organisation sociale très structurée basée sur un mode de vie itinérant saisonnier. Les outils fabriqués sont orientés vers des activités cynégétiques (chasse, pêche et traitement des proies animales) avec confection d’armes de jet munies de têtes de projectile (en pierre, en os, en ivoire) et une large gamme d’outils adaptés à de multiples activités et matériaux. L’Homme moderne se distingue par ses préoccupations esthétiques avec la confection de parures, la création de sculptures, de gravures, de peintures et l’emploi des premiers instruments de musique à vent. Ces aspects conceptuels se retrouvent dans le traitement des morts en sépultures organisées.

Au cours du Paléolithique supérieur, le climat est généralement rigoureux avec des épisodes plus chauds. Le nord de la France est occupé par la toundra - un terrain dépourvu d'arbres et couvert de lichens et mousses - à laquelle succède, en descendant vers le Sud, la taïga - forêt peu épaisse constituée de pins et de bouleaux nains. Dans les vallées abritées, durant les épisodes climatiques les plus tempérés, on trouve des feuillus.

Cette végétation peu dense est le royaume des herbivores : aurochs, un ancêtre de grande taille de nos vaches, cheval, rhinocéros laineux, mammouth, bison, saïga. Durant les épisodes les plus froids abondent les rennes. Tous ces herbivores sont chassés par deux carnivores concurrents de l'homme : le lion des cavernes et l'hyène. L'ours brun et l'ours des cavernes occupent les vallées boisées.

Au début de cette période, l'homme chasse ces animaux avec des sagaies ou en les piégeant ; l’arc apparaîtra vers – 17 000 (découverte de pointes silex dans la grotte de Parpallo en Espagne, datées 17 000BC, Muséum de préhistoire, Valence)

L'Homo sapiens, dont le représentant le plus connu est l'Homme de Cro-Magnon découvert en 1868 aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil, apporte dans toute l'Europe des pratiques complètement différentes de celles de ses prédécesseurs. Son industrie lithique est basée sur la production d'éclats allongés, lames et lamelles, qui servent de base à la réalisation d'un outillage diversifié : grattoirs, burins, pointes de projectiles, armatures, etc.

Plusieurs cultures vont se succéder durant le Paléolithique supérieur :

Les chevaux de la Grotte Chauvet, Ardèche, France
L'Aurignacien (-38 000 à - 29 000) est caractérisé par ses sagaies aux pointes d'os et sa production artistique pariétale et mobilière. C'est l'époque de la Grotte Chauvet.
Le Gravettien (- 29 000 à - 22 000) est connu pour ses statuettes aux formes féminines particulièrement exacerbées, surnommées « Vénus ».
Le Protomagdalénien (- 20 000 à - 18 000), qui termine le cycle gravettien, est connu pour son industrie lithique caractérisée par des burins dièdres, souvent multiples, des lamelles à dos et des lames à retouche "composite" dite protomagdalénienne.
Le Solutréen (Saçone-et-Loire) correspond à la période du maximum glaciaire (-22 000 à - 18 500). Le Nord de la France est sans doute abandonné par l'homme. Cette culture est propre au Sud-Ouest de la France et à l'Espagne. Elle est caractérisée par une taille du silex particulièrement sophistiquée (production de feuilles de laurier) et un art pariétal original que l'on trouve dans la grotte Cosquer dont l'entrée était à l'air libre durant cette période de régression marine. L'aiguille à chas et le propulseur sont inventés à cette époque.
Le Badegoulien correspond également au maximum glaciaire (- 17 000 à - 15 000). Il se rencontre sur l'ensemble de la zone franco-cantabrique (sud-ouest de la France et Cantabres), ainsi que sur la côte méditerranéenne de l'Espagne. Quelques indices sont signalés sporadiquement en Suisse et en Allemagne. Ce faciès correspond à l'ancienne dénomination « Magdalénien ancien » et se caractérise par un débitage sur éclats et un outillage dominé par les grattoirs et les outils "archaïques" (encoches, denticulés, pièces esquillées et racloirs), au détriment des burins et des lamelles à dos plus rares.

Le Magdalénien (cavernes de la Madeleine en DORDOGNE) est la dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ 17 000 et 10 000 ans av. J.-C

La culture du Magdalénien se développe de - 17 000 à - 10 000 et coïncide avec une période de réchauffement coupée de rechutes. Le magdalénien venu du Nord s'installe en Dordogne, notamment dans la grotte de La Madeleine près des Eysies. Il fait en France un froid Sibérien. Le  pays est recouvert de neige pendant 6 à 8 mois de l'année.Le propulseur (arc) se généralise, il chasse le renne,  l'homme découvre le harpon.

Cette culture est célèbre pour son art mobilier et son art pariétal, avec des œuvres telles que celles de la grotte d'Altamira en Espagne, de la Grotte de Font-de-Gaume en Dordogne ou de l'abri-sous-roche du Roc-aux-Sorciers dans la Vienne (France).
L'Azilien, entre -10 000 et -5 000, est généralement associé au rétablissement climatique successif à la dernière glaciation. Cette période est généralement appelée l’épipaléolithique.
Le climat se rechauffe,  les glaciers fondent, de larges rivières se forment et d'immenses forêts. Le renne migre vers le Nord et cède la place au cerf, qui devient le gibier favori. Les bois de cerf sont utilisés pour réaliser les harpons plats, souvent grossiers et perforés d'une entaille allongée à la base. Un site azilien est découvert au Mas-d'Azil en Ariège. Conséquence de la sédentarisation, l’homme cultive la terre et possède des troupeaux ,l’or et l’argent se fondent dans des moules en pierre, l’horizon se peuple de villages, de villes. Des maisons sont construites et servent à entreposer légumes, viandes, graminés, viandes d'animaux d'élevage.

LE NÉOLITHIQUE 12 000 à 3 000 ANS


Le Néolithique est une période de la Préhistoire marquée par de profondes mutations techniques et sociales, liées à l’adoption par les groupes humains d’une économie de production fondée sur l’agriculture et l’élevage, et impliquant le plus souvent une sédentarisation. Les principales innovations techniques sont la généralisation de l'outillage en pierre polie et de la poterie en céramique. Ces mutations sont telles que certains auteurs considèrent le Néolithique comme le début de la Protohistoire[1].
Dans certaines régions, ces importantes mutations sont relativement rapides et certains auteurs ont pu parler de « révolution néolithique »
Références
1. Kortlandt, A. (1972) - New perspectives on ape and human evolution, Amsterdam, Stichting voor Psychobiologie.
2. Coppens, Y. (1983) - Le singe, l'Afrique et l'Homme, Paris, Fayard, 148 p.
3. Coppens, Y. (1994) - « East Side Story, the origin of Humankind », Scientific American, vol. 270, n° 5, pp. 88-95.
4. Brunet, M. (1997) - « Origine des hominidés : East Side Story... West Side Story... », Géobios, M.S. n ° 20, 79-83.
5. Brunet, M., Guy, F., Pilbeam, D., Mackaye, H. T., Likius, A. et al. (2002) - « A new hominid from the Upper Miocene of Chad, Central Africa », Nature, vol. 418, 11 juillet 2002, pp. 145-151.
6. Coppens, Y. (2003) - « L'East Side Story n'existe plus », La Recherche, n° 361.
7. Picq, P (2005)-«Les origines de l'homme» Sciences Tallandier édition, 264 p.
8. Delluc B, Delluc G. La vie des hommes de la préhistoire. Éditions Sud Ouest-France 2003, 127 p.


Histoire de l'homme en tableaux;
de la pré-histoire à aujourd'hui

L'âge du dernier ancêtre commun de l'humain et et du chimpanzé est évalué à environ un peu plus de 8 millions d'années.

Hominoïdes-hominidés-homininés-hommo sapiens-homme moderne

HOMINIDÉS ANCIENS-LES PREMIERS AUSTRALOPITHÈQUES


Espèce
Fossiles célèbres/
ID du fossile
Datation estimée des restes fossiles trouvées
Lieu de la découverte des fossiles
Habitat
1. Sahelanthropus tchadensis
Crâne de Toumaï ; le plus ancien hominidé connu
8 à 6 millions d'années
Période du miocène
Afrique centrale
Ouest de la vallée du Rift, Tchad, , Toros-Menalla
Zone boisée, tropicale, près d'un lac, humide et savanes
2. Orrorin tugenensis
Millenium Ancestor
6 millions d'années
Période du miocène
Afrique orientale Kapsomin, Kenya, collines de Tugen
Arboré
3. Ardipithecus ramidus
(Ardipithecus ramidus ramidus, Ardipithecus kaddaba)
ARA-VP-1/129

5.5 à 4.5 millions d'années
Période du pliocène
Afrique orientale. Éthiopie, vallée de l'Awash. Kentya, collines de Tugen
Forêt
4. Australopithecus anamensis
KP 29285
KP 29281

4.2 à 3.9 millions d'années
Période du pliocène
Afrique orientale
Kenya; Kanapoi,  Tanzanie
Forêt lacustre
5. Australopithecus afarensis
Lucy, Laetoli footprints, AL 129-1
4.1 à 2.9 millions d'années
Période du pliocène
Afrique orientale, Éthiopie, Kenya, Tanzanie
Forêt lacustre
6. Australopithecus bahrelghazali
Abel
3.5 à 3 millions d'années
Période du pliocène
Afrique centrale, Ouest de la vallée du Rift, Tchad
Forêt tropicales lac et savanes
7. Australopithecus africanus
Taung child, Mrs Ples, STS 14
3.3 à 2.5 millions d'années
Période du pliocène
Afrique du Sud
Arboré et humide
8. Kenyanthropus platyops
Flat-faced man
3.5 à 3 millions d'années
Période du pliocène
Afrique orientale, Kenya; Lomekwi
Forêt, savanes
9. Australopithecus gahri
BOU-VP-12/130
2.5 millions d'années
Période du pliocène
Éthiopie, Afrique orientale
Arboré ouvert
FAMILLE DES PARANTHROPUS OU DES AUSTRALOPITHÈQUES TARDIFS


Espèce
Fossiles célèbres/
ID du fossile
Datation des restes fossiles trouvées
Lieu de la découverte des fossiles
Habitat
Paranthropus aethiopus (Australopithecus) aethiopicus
The Black Skull
2.7 à 2.3 millions d'années
Période du pliocène
Afrique orientale
Kenya, Éthiopie
Arboré et lacustre
Paranthropus boisei
(Australopithecus) boisei
Zinjanthropus, Konso Skull
2.3 à 1.1 millions d'années
Période du pléiocène supérieur et pléïstocène
Afrique orientale.
Éthiopie, Malawi, Tanzanie, Kenya
Arboré et lacustre
Paranthropus robustus
(Australopithecus) robustus
TM 1517, Eurydice
2.2 à 1 millions d'années
Période du pléiocène supérieur et pléïstocène
Afrique australe (Afrique du Sud)
Arboré et lacustre


FAMILLE DES HOMO


Espèce
Fossiles célèbres/
ID du fossile
Datation des restes fossiles
Lieu de la découverte des fossiles
Habitat
1. Homo habilis
the Mystery Skull, Dik-Dik Hominid, Olduvai George, KMN-ER 1470
2.3 à 1.6 millions d'années
Période du pléiocène supérieur et pléïstocène
Kenya, Tanzanie, Afrique orientale et autrale (Afrique du sud)
Savanes arborés et humides
2. Homo rudolfensis
KMN-ER 1470
2.4 à 1.7 millions
d'années
Période du pléiocène supérieur et pléïstocène
Lac Turkana, Kenya, Afrique orientale
Savanes arborées et ouvertes
3. Homo ergaster
Turkana boy
premier homininé à sortir d'Afrique vers le Proche-Orient et l'Europe
2 à 1 millions
d'années
Période du pléiocène supérieur et pléïstocène
Afrique orientale et australe, Géorgie, Algérie, Espagne, Chine, Allemagne, Croatie, République tchèque, Indonésie, Italie,France
Savanes arborées, plaines, montagnes
3. Homo georgicus
1.8 millions d'années
Période du pléïstocène
Dmanisi, Georgia
4. Homo erectus
Dmanisi 2282, Turkana Boy, Java Man, Peking Man, Petralona 1, Tautavel Man,
1.5 millions à 300 milles années
Période du pléïstocène
République of Georgia, Kenya, Indonésie, Chine, Grèce, France
Tous les habitats
5. Homo sapiens archaic ou Homo heidelbergensis
Mauer mandibule, Petralona 1, Tautavel Man, Kabwe Man,
800 000 à 300 000 annèes
Période du pléïstocène
Allemagne, Zambie, Grèce, Espagne
Tous les habitats chaud
6 a. Homo sapiens neanderthalensis (Homo neandertalensis)
Shanidar 1, Spy 1, Old Man, Saint-Cesaire Neanderthal, Kebara 2, Le Moustier 2
350 000 à 35 000 années
Période du pléïstocène
Belgique, France, Iraq, Israel, Ukraine Sibérie
Tous les habitats tempérés et froid
6 b. Homo antecessor
780 000 années
Période du pléïstocène
Atapuerca, Spain
7. Homo sapiens idaltu
Homme de Hirto
154 000 à 160 000  ans
Période de l'holocène
Éthiopie, Afrique
8. Homo floresiensis
Hobbit, Homme de Flores
18 000 années
Période de l'holocène du néolithique
Ile de Flores, Java en Indonésie
9. Homo sapiens sapiens (moderne)
Qafzeh IX, Klasies River mouth, Cro-Magnon 1
210 000 à 100 000  ans à aujourd'hui
Période de l'holocène
Israel (Qafzeh), Afrique du Sud (Klasies River),  France(Les Ezyies)
Tous
Les ancêtres directs de l'homme moderne ou homo sapiens sont venus d’Afrique par le littoral méditerranéen ou par le nord des Alpes, via l’Europe centrale en plusieurs vagues. L'Étude de l'ADN permet de remonter aux racines de notre arbre généalogique.
Jusqu’en 1997, les fossiles d’homo sapiens les plus anciens découverts en Afrique (notamment Afrique du Sud) dataient de 130 000 à 100 000 ans. Les plus anciens hommes modernes avaient été découverts en Israël et affichaient 115 000 ans. Mais la découverte d’un nouvel homo sapiens va remettre tout en cause.

 Des chercheurs viennent de dater précisément deux crânes, Omo I et Omo II, découverts en 1967 le long du Rift éthiopien. Dans un article publié dans la revue Nature, Ian McDougall et ses coéquipiers livrent la datation précise des couches géologiques dans lesquelles ont été trouvés les deux fossiles et affirment que ces crânes sont actuellement les plus vieux représentants de l'Homme moderne apparu en Afrique il y a 195.000 ans.Omo 1 est considéré comme un Homo sapiens : il serait l'ancêtre des populations modernes. Les deux crânes Omo I et Omo II viennent d'être datés plus précisément par l'équipe de Ian McDougall (Canberra) qui a récemment prélevé à Kibish des échantillons de sédiments rocheux d'où les fossiles avaient été extraits en 1967. La méthode isotopique à l'argon a permis de conclure à une datation de 195 000 ans (± 5 000 ans).


«Jusqu’à présent les paléontologues dataient l’apparition d’Homo sapiens en Afrique vers 150.000 ans et l’apparition des premiers caractères de cette espèce chez des Homo erectus évolués vers 250.000 ans » précise Marie-Hélène Moncel, du département de Préhistoire du Muséum d’Histoire Naturelle


Le fossile le mieux conservé d'Homo
sapiens idaltu.
(d'après Tim White et al., Pleistocene Homo sapiens from
Middle Awash, Ethiopia, Nature 423 : 742-747 (2003)

Plusieurs cultures vont se succéder durant le Paléolithique supérieur :

L'Aurignacien (-38 000 à - 29 000) est caractérisé par ses sagaies aux pointes d'os et sa production artistique pariétale et mobilière.
C'est l'époque de Cro-Magnon et de la Grotte Chauvet.
L'Homme de Cro-Magnon
Crâne de Cro-Magnon


Les Cro-Magnons font leur apparition en Europe occidentale il y a un peu plus de 35 000 ans (40,000-35 000 ans). Ils s'installent en europe en provenance de l'asie de l'ouest. Ils marquent le début de la culture aurignacienne.L'apparition de l'Aurignacien en Europe est actuellement considérée comme une conséquence de l'arrivée de l'homme moderne. En réalité, cela reste une hypothèse car les seuls restes humains que nous possédions pour cette période sont ceux de Cro-Magnon. Or de nouvelles études ont montré que la stratigraphie de ce site pouvait être sujette à caution et que les restes étaient plus probablement issus des couches gravettiennes plus récentes. Nous n'avons donc pas réellement de fossiles attestant que, pour cette culture, il s'agit bien de l'homme moderne, même si tout le monde est à peu près d'accord sur ce fait.

La culture aurignacienne occupe une place remarquable dans l'Histoire de l'art car elle est la première culture humaine à avoir laissé les traces d'une représentation figurative. Dire cependant que les aurignaciens furent les inventeurs de l'art reste encore très hypothétique, car les peuples précédents ont pu produire des créations artistiques, et celles-ci ne purent se conserver parce que réalisées dans des matériaux périssables.

La grotte Chauvet, grotte Chauvet-Pont-d'Arc ou encore grotte de la Combe d'Arc est une grotte ornée paléolithique située en Ardèche (France).

Le site comporte de très nombreuses représentations d'animaux (peintures, gravures). De nombreuses datations directes par la méthode du carbone 14 ont donné des résultats cohérents proches de 31 000 ans BP. La communauté scientifique admet quasi unanimement que les œuvres de la grotte Chauvet datent de l'Aurignacien et comptent parmi les plus anciennes au monde.

Chevaux de la grotte de Chauvet, Ardèche, France

Les peintures de l'époque aurignacienne témoignent de la maîtrise de techniques très diversifiées (préparation des parois, gravures, tracés digités, mains positives, peintures, estompes, etc.).

Le Gravettien (- 29 000 à - 22 000) est connu pour ses statuettes aux formes féminines particulièrement exacerbées, surnommées « Vénus ».
Gravettien ou Gravetien, nom d'une des premières cultures du paléolithique supérieur présent dans toute l'Europe. Le terme est dérivé du nom du petit hameau la Gravette, sur la commune de Bayac, dans la vallée de la Couze, en Dordogne, où se trouve le site éponyme.
Les fouilles de l'abri de la Gravette ont permis d'observer une importante stratigraphie comprenant notamment plusieurs niveaux dans lesquels les « lames à bord abattu rectiligne » caractéristiques de l'aurignacien supérieur défini par l'abbé Breuil étaient très abondantes. Ces instruments à la pointe acérée ont été appelés « pointes de la Gravette », et leur diffusion sur un vaste territoire marque l'extension de la civilisation gravettienne. Ils sont parfois de très petites dimensions. Ce sont sans doute des armatures de pointes de trait utilisées à la chasse. D'autres armatures sont caractérisées par des modes d'emmanchement différents, par exemple les pédoncules des « pointes de la Font-Robert », qui doivent leur nom à une grotte de Corrèze, ou par une morphologie particulière comme la silhouette foliacée des « fléchettes ».
L'os, le bois de renne et l'ivoire sont abondamment utilisés au gravettien, comme ils l'étaient déjà à l'aurignacien : bâtons percés, sagaies, poinçons accompagnent l'outillage lithique. L'art pariétal et mobilier se développe, marqué par la présence dans de nombreux gisements de représentations féminines, le plus souvent en ronde bosse. Ce sont de petites statuettes sculptées dans l'ivoire ou la pierre, représentant des femmes aux seins, au ventre et aux hanches très volumineux. Leur visage est rarement figuré, et elles sont souvent dépourvues de pieds. On les désigne généralement sous le nom de « Vénus ». Les plus célèbres sont la Vénus de Lespugue (voire ci-contre), en Haute-Garonne, qui est en ivoire, et celle de Willendorf, en Autriche, sculptée dans la pierre.
La grotte du Pape, à Brassempouy, dans les Landes, a livré plusieurs fragments de statuettes comparables, mais surtout une petite tête en ivoire montrant un visage féminin d'une rare délicatesse. À Laussel, en Dordogne, des représentations féminines ont été sculptées en bas relief sur les parois de l'abri ou sur des blocs : l'une d'elles est connue sous le nom de « vénus à la Corne » à cause de l'objet qu'elle tient dans sa main droite levée. Des grottes de Grimaldi, sur la côte méditerranéenne, proviennent également plusieurs statuettes de très petites dimensions. Ces découvertes sont malheureusement souvent fort anciennes, et leur datation est, de ce fait, incertaine.
Le gravettien s'étend sur une période allant de 27000 à 19000. Il a été divisé en plusieurs stades, inégalement représentés selon les régions. C'est l'abri Pataud, aux Eyzies de Tayac, en Dordogne, qui permet d'en décrire le mieux la succession. Des variantes régionales peuvent également être observées. Un faciès particulier s'est notamment développé en Europe centrale : le site de Dolni Vestonice, en Moravie témoigne la richesse de l'art mobilier gravettien dans cette région. Le gravettien est la civilisation du paléolithique supérieur européen qui couvre le plus vaste territoire. Son unité est perceptible grâce à la similitude des caractères qui apparaissent à la fois dans la culture matérielle et dans les formes d'expression artistique.


Le Protomagdalénien (- 20 000 à - 18 000), qui termine le cycle gravettien, est connu pour son industrie lithique caractérisée par des burins dièdres, souvent multiples, des lamelles à dos et des lames à retouche "composite" dite protomagdalénienne.

Le Solutréen correspond à la période du maximum glaciaire (-22 000 à - 18 500). Le Nord de la France est sans doute abandonné par l'homme. Cette culture est propre au Sud-Ouest de la France et à l'Espagne. Elle est caractérisée par une taille du silex particulièrement sophistiquée (production de feuilles de laurier) et un art pariétal original que l'on trouve dans la grotte Cosquer dont l'entrée était à l'air libre durant cette période de régression marine. L'aiguille à chas et le propulseur sont inventés à cette époque.

Le Badegoulien correspond également au maximum glaciaire (- 17 000 à - 15 000). Il se rencontre sur l'ensemble de la zone franco-cantabrique (sud-ouest de la France et Cantabres), ainsi que sur la côte méditerranéenne de l'Espagne. Quelques indices sont signalés sporadiquement en Suisse et en Allemagne. Ce faciès correspond à l'ancienne dénomination « Magdalénien ancien » et se caractérise par un débitage sur éclats et un outillage dominé par les grattoirs et les outils "archaïques" (encoches, denticulés, pièces esquillées et racloirs), au détriment des burins et des lamelles à dos plus rares.

La culture du Magdalénien, dernière phase du paléolitique supérieur, se développe de - 17 000 à - 10 000 et coïncide avec une période de réchauffement coupée de rechutes. Le propulseur se généralise, l'homme découvre le harpon. Cette culture est célèbre pour son art mobilier et son art pariétal, avec des œuvres telles que celles de la grotte d'Altamira en Espagne, de la Grotte de Font-de-Gaume en Dordogne ou
 
Frise sculptée Roc-aux-Sorciers

 de l'abri-sous-roche du Roc-aux-Sorciers dans la Vienne (France). Le Paléolithique supérieur s'achève avec la disparition du renne et du rhinocéros laineux due au réchauffement ; c'est la fin de la culture du Magdalénien. Le retour de la forêt entraîne des changements au niveau de l'armement (microlithisation des armatures, généralisation de l'arc) qui caractérisent l'Épipaléolithique puis le Mésolithique.



Les descendants du paléolitique supérieur vont diffuser aux quatres coins du monde. En bateau, ils se rendront en Australie il y a environ 40 000 ans et vers l'Océanie il y a quelques milliers d'années. À pied sec, ils passent en Amérique il y a quelques 20 000 ans par la Béringie.

En janvier 2010 (1), dans une étude scientifique financée par le Wellcome Trust sur la diversité génétique des populations modernes, des chercheurs de l'université de Leicester au Royaume-Uni ont étudié des échantillons de toute l'Europe, dont des Français de plusieurs régions (Finistère, Pays basque, Vendée, Haute-Garonne ...). Ils ont établi que 80% des lignées génétiques masculines des Européens, sont issues des agriculteurs qui sont arrivés du Proche-Orient il y a entre 5 000 et 10 000 ans. Par opposition, la plupart des lignées génétiques maternelles semblent provenir des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique.

(1). Balaresque et al. 2010, A Predominantly Neolithic Origin for European Paternal Lineages [archive]
Most Britons descended from male farmers who left Iraq and Syria 10,000 years ago [archive],
Daily Mail, 20 janvier 2010 ? Most European males 'descended from farmers' [archive],
BBC News, 20 janvier 2010 ? Commission européennes Cordis [archive]